Et si le futur avait été imaginé... en 1939 ? C'est le point de départ de Ray Gunn, le prochain long métrage de Brad Bird, attendu sur Netflix le 18 décembre 2026. Ce polar de science-fiction suit Raymond Gunn, un détective privé plongé dans une enquête où se croisent meurtres, extraterrestres et célébrités. Le tout dans une immense mégalopole rétro-futuriste baptisée Metropia.
Après des années de développement, ce projet personnel du réalisateur du Géant de fer et des Indestructibles s'annonce comme l'un des films d'animation les plus ambitieux de la plateforme.
Warner n'en veut pas, Pixar n'est même pas consulté
Brad Bird ne cache pas son attachement à Ray Gunn. L'idée remonte aux années 1990, bien avant son arrivée chez Pixar. Initialement prévu pour Warner Bros, le projet est resté dans des cartons pendant des décennies, faute de partenaire prêt à financer un film d'animation aussi atypique. Suite à un accord passé avec Warner, qui ne croit pas au plein potentiel d'un tel film, Bird récupère le bébé.
Si le cinéaste ne propose pas le projet à Pixar, c'est parce qu'il estime que son univers noir, plus mature et moins familial, ne correspond pas à l'identité du studio pour qui il a réalisé Les Indestructibles et Ratatouille.
Plus officieusement, Bird souhaite vivement retravailler avec son ami John Lasseter, le père de Toy Story, indésirable chez Pixar et Disney depuis de nombreuses années à cause d'un comportement jugé « inopportun ». C'est donc Skydance Animation et Netflix qui vont permettre à Ray Gunn de ressusciter.
Le nom de Ray Gunn est inspiré de celui de la série Peter Gunn, dont Brad Bird a toujours adoré la musique jazzy, énergique et pleine de mystère.
Un mélange de film noir et de science-fiction rétro
L'originalité de Ray Gunn repose avant tout sur son univers.
Le futur décrit dans Metropia est de ceux qu'on aurait pu fantasmer à la fin des années 1930 : gratte-ciel gigantesques, voitures volantes, technologies inspirées des pulps de science-fiction et coexistence entre humains et extraterrestres.
L'ensemble évoque autant les grands films noirs américains que les récits de science-fiction rétro, avec une esthétique qui privilégie les lignes Art déco et les décors monumentaux.
Nous sommes quelque part à mi-chemin entre Le Faucon maltais et Buck Rogers.
Plus qu'un simple décor, la ville de Metropia constitue l'un des personnages principaux du film. La cité mêle architecture des années 30, inventions futuristes et ambiance de polar classique.
Les premiers visuels dévoilés montrent une ville dense, verticale et spectaculaire, où les espèces extraterrestres semblent parfaitement intégrées au quotidien des habitants.
Ce qu'Annecy a révélé
Lors du Festival international du film d'animation d'Annecy, en juin dernier, Brad Bird est venu présenter plusieurs concept arts inédits et évoquer les ambitions du projet.
Les premières images que nous avons pu voir confirment une direction artistique très travaillée, avec une forte identité graphique et une atmosphère résolument noire.
Les sept premières minutes du film nous ont été montrées en avant-première. La promesse est déjà immense : un univers foisonnant qui s'appréhende en quelques secondes, un sens du rythme étourdissant, un équilibrage permanent entre le suspense et l'humour. Décidément, Brad Bird semble nous revenir en très grande forme !
Un casting vocal prestigieux
| Sam Rockwell | le détective Raymond Gunn |
| Tom Waits | son coéquipier extra-terrestre |
| Scarlett Johansson | la mystérieuse Venus Nova |
| John Ratzenberger (pilier des films d'animation Pixar) | rôle non encore annoncé |
Je pense que Ray Gunn pourrait changer le regard de certaines personnes sur l'animation. Elle est capable de raconter des choses nuancées et complexes tout en restant divertissante. Je voulais viser un public un peu plus âgé. Pas énormément : les adolescents me conviennent très bien. Mais je voulais réaliser quelque chose d'un peu plus adulte.
Pourquoi nous l'attendons avec impatience
- Le retour de Brad Bird sur une création 100% originale.
- Une identité visuelle qui promet d'être spectaculaire, magnifiée par une mise en scène qui s'annonce virtuose.
- Un casting vocal particulièrement solide.
Pourquoi la déception n'est pas exclue
- Le mélange de film noir et de SF n'est pas nouveau.
- Le déjà-vu : l'univers visuel de Metropia nous rappelle beaucoup ceux de Blade Runner et du Cinquième élément.
- Une diffusion sur Netflix et non au cinéma ne rendra peut-être pas justice aux ambitions d'un tel film.
Rendez-vous fin 2026
À mi-chemin entre le film noir et la science-fiction pulp, le tout dans un format animé haut de gamme, Ray Gunn pourrait bien devenir l'un des événements de la fin d'année 2026 sur Netflix. Si Brad Bird parvient à transformer trois décennies de développement en un long métrage à la hauteur de son ambition, il pourrait signer l'une des propositions les plus originales de sa carrière.
Le concept, l'univers visuel et le pedigree de Brad Bird suffisent à placer Ray Gunn parmi les sorties les plus prometteuses de l'année 2026. Reste désormais à découvrir si le film tiendra toutes ses promesses.
